LA PROTHESE TOTALE DE LA HANCHE APRES ARTHRODESE : A PROPOS D’UN CAS

L’arthrodèse de la hanche était longtemps considérée intervention test ajouter définitive pratiquée pour plusieurs text ajouter chroniques très évoluées (post traumatique ou septique).

Introduction :

L’arthrite septique sterno-claviculaire est une affection assez rare, représentant seulement 1% de l’ensemble des arthrites septiques. (1) (2) (3) (4) (5) . Elle est souvent diagnostiquée tardivement du fait de son tableau clinique trompeur et peu spécifique, et de son évolution insidieuse. (1) (2) (3) (4) (5) (6)

Cette localisation est rarement retrouvée chez les patients immunocompétents (7) et  s’associe souvent à des facteurs de risque ou de prédisposition tels que la toxicomanie intraveineuse, le diabète sucré, le cathétérisme veineux subclavier, l’insuffisance rénale chronique terminale, et la polyarthrite rhumatoïde. (1) (2) (3) (5) (6) (7)

L’arthrite septique sternoclaviculaire est en règle unilatérale (dans environ 95%) (1) (4) (6) (7). Les auteurs de ce travail rapportent une forme inhabituelle d’arthrite septique sternoclaviculaire bilatérale à point de départ cardiaque.

Observation :

Il s’agit d’une patiente âgée de 71 ans, hypertendue, aux antécédents de chondrocalcinose articulaire sous anti-inflammatoires non stéroïdiens et antalgiques, et qui consulte pour des cervicalgies d’horaire inflammatoire irradiant vers les 2 épaules, évoluant depuis 1 mois dans un contexte fébrile.

La patiente a présenté 8 mois auparavant une endocardite documentée à stapylocoque doré méticillino-résistant, ayant évolué favorablement sous traitement médical (antibiothérapie adaptée) avec une régression de la symptomatologie, une disparition de la fièvre et du syndrome inflammatoire.

Devant la recrudescence de la fièvre, la patiente a été ré-hospitalisée pour exploration.

L’examen clinique a montré une tuméfaction rénitente et douloureuse en regard de l’articulation sternoclaviculaire droite. Le bilan biologique a montré un syndrome inflammatoire avec une élévation de la vitesse de sédimentation à 107mm à la 1ère heure, et une CRP à 222 mg/l.

La tomodensitométrie des articulations sternoclaviculaires a objectivé  une ostéolyse des deux articulations sternoclaviculaires et de l’extrémité médiale des deux clavicules plus marquée à droite, associée à une collection péri-articulaire droite faisant 3cm de grand axe, hypodense avec réhaussement périphérique. (Figures 1,2 & 3).

L’imagerie par résonance magnétique a montré une destruction des berges des deux articulations sternoclaviculaires plus marqué à droite avec un œdème osseux sous-chondral des deux clavicules et du sternum.L’RM a objectivé  également un abcès des parties molles péri-articulaires plus volumineux à droite (3cm de grand axe à droite, et 1 cm à gauche)

(Figures 4,5 & 6)

 

La patiente a bénéficié d'une biopsie à l’aiguille fine de l’articulation sternoclaviculaire droite dont l’examen histologique a conclu à une arthrite à pyogènes. L’examen bactériologique du liquide articulaire n’a pas permis d’isoler un germe. Par ailleurs, la patiente a eu 2 hémocultures positives à staphylocoque doré méticillino-résistant.

Le diagnostic d’arthrite septique sternoclaviculaire bilatérale à staphylocoque a été retenu, et la patiente a été mise sous une antibiothérapie parentérale à base de Teicoplanine et de ciprofloxacine pendant 30 jours, relayée par une association de pyostacine et de ciprofloxacine pendant 60 jours. L’évolution s’est faite vers l’apyrexie et la régression du syndrome inflammatoire biologique. Au dernier recul de 6 mois, nous n’avons noté aucun signe clinique ou biologique de récidive.

Discussion :

L’arthrite sternoclaviculaire unilatérale n’est pas exceptionnelle. L’analyse de la littérature a montré que l’atteinte bilatérale au cours de la localisation sternoclaviculaire n’a été rapportée que dans une seule revue systématique : Ross JJ (2004) a rapporté, dans une revue systématique de 180 cas d’arthrite septique sternoclaviculaire, la présence de 8 cas d’atteinte bilatérale(6). Une seule étude descriptive d’une atteinte bilatérale de l’articulation sternoclaviculaire à germe banal a été retrouvée (2) .

L’infection ostéo-articulaire après endocardite infectieuse a été rapporté par Sapico (1996) qui a rapporté dans une revue systématique de 180 patients, la présence de 16 cas d’infection ostéo-articulaire documentée, compliquant une endocardite infectieuse, et dont 5 avaient une localisation sternoclaviculaire. (8)

Nous rapportons un cas d’une arthrite septique sternoclaviculaire bilatérale à staphylocoque, secondaire à une endocardite infectieuse. Dans cette observation, on constate que la patiente présente des facteurs de risque systémiques (l’âge avancé, l’existence d’un foyer septique à distance avec une septicémie documentée au même germe) et un facteur de risque locorégional (la chondrocalcinose articulaire). Cependant, il n’y avait pas d’antécédents de diabète ou d’autres facteurs d’immunodépression, pas d’antécédents d’hémodialyse, de cathétérisme veineux subclavier, ni de notion de toxicomanie intraveineuse qui est retrouvée dans 20% des arthrites septiques sternoclaviculaires. (1) (6)

Le tableau clinique de l’arthrite septique sternoclaviculaire est souvent trompeur, surtout sur un terrain d’arthropathie chronique avec des arthralgies diffuses, du fait de ces manifestations peu spécifiques et de son évolution insidieuse. Ceci s’explique par les particularités anatomiques de l’articulation sternoclaviculaire, avec une capsule très épaisse peu expansible, renforcée en avant par plusieurs ligaments puissants. (1) (2) (6) Ainsi, les signes inflammatoires locaux tels que la tuméfaction et la douleur n’apparaissent qu’après un délai moyen de 30 jours. (6)  Dans notre cas, le tableau clinique était dominé par des cervicalgies, et des douleurs des 2 épaules. De plus, malgré la découverte d’une arthrite sternoclaviculaire gauche authentique et même assez évoluée vu la présence d’une collection péri-articulaire et d’une destruction osseuse de l’extrémité médiale de la clavicule gauche, l’examen physique n’a pas montré de douleur ni de tuméfaction sternoclaviculaire du côté gauche. Ces constatations viennent confirmer ce caractère pauci-symptomatique des arthrites sternoclaviculaires.

Ceci explique le caractère potentiellement grave de cette pathologie : l’infection sternoclaviculaire est diagnostiquée tardivement, au stade de complications loco-régionales (abcès des parties molles, destruction osseuse, médiastinite) ou générales (septicémie, état de choc,…) (1) (2) (3) (6) (7). Dans notre cas, nous avons noté plusieurs types de complications : l’abcès des parties molles, la destruction osseuse, et la septicémie.

Vu la présence de lésions d’âge différents, entre le côté droit et le côté gauche, nous pensons que l’atteinte de l’articulation sternoclaviculaire droite a précédé celle de l’articulation sternoclaviculaire gauche, et qu’elle s’est faite par voie hématogène. Alors que l’articulation sternoclaviculaire gauche a été inoculée par contiguïté, par extension loco-régionale à partir de l’arthrite sternoclaviculaire gauche.

Conclusion :

L’arthrite septique sternoclaviculaire survient habituellement sur un terrain d’immunodépression ou de toxicomanie intraveineuse, mais peut aussi affecter des sujets immunocompétents. Le tableau clinique est souvent trompeur avec des difficultés diagnostiques majeures, ce qui retarde la prise en charge.

L’atteinte bilatérale est extrêmement rare et peu publiée dans la littérature.

Le diagnostic de certitude est apporté par l’examen bactériologique du liquide de ponction articulaire. La tomodensitométrie thoracique permet d’évaluer l’étendue des lésions et de rechercher une d’atteinte associée des parties molles péri-articulaires.

Le traitement repose sur le drainage chirurgical, ou par ponction évacuatrice sous contrôle TDM associé à une antibiothérapie parentérale à base d’anti-staphylococcique et d’aminosides.

La gravité potentielle de cette localisation réside dans son caractère pauci-symptomatique, avec un diagnostic souvent retenu au stade de complications locorégionales ou systémique, avec une morbi-mortalité importante.

Références:

1. Xavier Le Loët a, b,*, Nathalie Klemmer a, Thierry Lequerré a,b. Arthrites septiques sternoclaviculaires. Revue du Rhumatisme . 2006, Vol. 73 (2006); 173–176.

2. Charita Pradhan1, 8 Nicholas FS Watson*1, Nitin Jagasia2, Ray Chari2 and Jane E Patterson1. Bilateral sternoclavicular joint septic arthritis secondary to indwelling central venous catheter: a case report. Journal of Medical Case Reports . 2008, Vol. 2: 131.

3. Michal Bar-Natan, Moshe Salai, Yechezkel Sidi, and Hanan Gur. Sternoclavicular Infectious Arthritis in Previously Healthy Adults. Semin Arthritis Rheum . 2002, Vol. 32:189-195.

4. Nagi, Mandeep S. Dhillon · Ravi Gupta · K. Srinivas Rao · Onkar Nath. Bilateral sternoclavicular joint tuberculosis. Arch Orthop Trauma Surg . 2000, Vol. 120 :363–365.

5. Baums, Thomas Nusselt · Hans-Michael Klinger · Sven Freche · Wolfgang Schultz · Mike H. Surgical management of sternoclavicular septic arthritis. Arch Orthop Trauma Surg . (2011) , Vol. 131:319–323.

6. John J. Ross, MD, and Hala Shamsuddin, MD. Sternoclavicular Septic Arthritis Review of 180 Cases. Medicine . 2004, Vol. Volume 83, Number 3, May 2004.

7. Abdelhalim El Ibrahimi *, Abdelkarim Daoudi , Saıd Boujraf, Abdelmajid Elmrini a, Fawzi Boutayeb. Sternoclavicular septic arthritis in a previously . International Journal of Infectious Diseases . (2009) , Vol. 13, e119—e121.

8. Francisco L. Sapico, Johnny A. Liquete, and Radha J. Sarma. Bone and Joint Infections in Patients with Infective Endocarditis: Review of a 4-Year Experience. Clinical Infectious Diseases . 1996, Vol. 22:783-7